Devenir adhérent
Aller au contenu principal

Lait bio normand : sous la pression des négociations commerciales

Rédigé le 24/02/2026
Partager cet article :

Alors que les négociations commerciales entre industriels et grande distribution touchent à leur fin dans un climat délétère, les producteurs Bio Commun qui livrent la laiterie Les 2 Vaches craignent de voir leur modèle de juste rémunération sacrifié sur l’autel de la guerre des prix.

Retrouvez le reportage vidéo de France 3 Normandie et l'article complet en suivant ce lien : Cliquez ici
 

Molay-Littry : les producteurs de lait bio de « Les 2 Vaches » dans l’attente d’un verdict crucial

Normandie, 24 février 2026 — La semaine s’annonce décisive pour les 48 éleveurs bio de la filière « Les 2 Vaches » (groupe Danone), première marque de yaourts bio en France. Leur modèle, souvent cité en exemple pour son équité, est aujourd’hui menacé par les négociations commerciales en cours entre industriels et grande distribution.

Un prix record, mais fragile En 2025, leur lait a été rémunéré au meilleur tarif du marché (Prix de base moyen 38/32 : 577€/1000L). Pourtant, ce prix reste lié aux fluctuations économiques : moitié coûts de production, moitié marché. « Si le lait n’est pas payé à son juste prix, ce sont encore les producteurs qui trinqueront », alerte Romain Delorme, 29 ans, éleveur à Molay-Littry.

La grande distribution, arbitre redouté 80 % du lait bio de la filière est vendu en grande surface, où trois centrales d’achat dominent désormais 90 % du marché. « Chaque année, tout est remis en cause », déplore Guillaume Hamel, administrateur de « Bio Commun ». Les producteurs craignent une baisse des prix qui fragiliserait leur modèle, pourtant plébiscité par les consommateurs.

Contexte national explosif Les négociations, qui doivent s’achever avant le 1er mars, se déroulent dans un climat tendu. La ministre de l’Agriculture a dénoncé des « menaces de déréférencement » de la part des enseignes, qualifiées de « chantage mortifère ». Les distributeurs réclament des baisses de tarifs, arguant de la chute des coûts des matières premières, tandis que les transformateurs pointent la volatilité du marché laitier.

Un modèle vertueux en suris « On ne comprend pas pourquoi on voudrait déstabiliser un système qui fonctionne », s’interroge Guillaume Hamel. Local, bio, équitable, le lait des « 2 Vaches » est vendu presque au même prix que le conventionnel. « Si on descend trop bas, on ne pourra plus produire en France », prévient-il.

Verdict attendu d’ici le 1er mars Pour les éleveurs de Molay-Littry, l’enjeu est simple : leur modèle, basé sur des contrats de 5 ans et un prix garanti, tiendra-t-il face à la loi du marché ?


Source : France 3 NormandieCrédit photo : © France 3 Normandie